vendredi 14 décembre 2007

La salle n'est plus un simple édifice de béton, elle est un temple dont les murs s'effondrent tandis que les rires affluent. Je suis la lumière et parfois c'est elle qui me suit, mais peu importe, les pieds fixés à la scène sont en lutte contre les ailes qui me transportent. Mes sens se troublent. Où sont les gens ? Il y a seulement un battement de coeur, un seul, qui me paraît assourdissant. Les paroles s'échappent de ma bouche sans être préméditées. Apprises par coeur, elles sont désormais mon coeur. Trop longtemps conservées pour moi-même, elles fuient, me dépouillent de tout ce que j'ai. Je n'ai plus rien, je ne suis rien, mais les applaudissements suffisent à mon bonheur. Est-ce que c'est un bonheur ? On dirait plutôt une souffrance qui me tort le ventre, me brûle les entrailles, me serre la gorge, me chauffe les tempes. Mes ailes se déploient, me tirant vers le haut tandis que les rires me guident parmi la foule. Je veux les gens. Je veux les toucher, je veux les aimer, je veux en être. Moi aussi. Hein, je peux ?
Une déchirure résonne dans la salle. J'ai perdu des plumes. Tant pis. Un cri de douleur m'échappe, c'est lui le bonheur. Je fais partie des gens.

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