dimanche 9 décembre 2007

Il me semble que j'ai un problème. Un disfonctionnement. Je le possède, il m'appartient, il est à moi, je l'ai. Les mots ne me viennent pas spontanément. Avec naturel. Je voudrais les dire, les déverser, les murmurer ou les crier. Par phrases, par flots incrontrôlés, saccadés, s'échappant de mon esprit. Je voudrais ne même pas avoir le temps de les penser. Les mots, il me faut les mettre en place, les digérer, les remuer, les mélanger, les retourner. Je les surveille. Il ne faut pas que l'un d'entre eux soit plus porteur de sens que les autres. Alors je les mange, je les mâche, je les mastique, je les imprègne de salive, je les mords, qu'ils agonisent au sein de ma bouche. Qu'ils souffrent et qu'ils meurent. Quand ma voix les portera, les mots ne seront plus que de petits instruments sonores meurtris pas la réflexion. Je devrais, enfin il me faudrait, être plus forte. Ne plus être effrayée, flippée, bloquée, coincée, égarée. Trouver le culot.
Mais je ne le trouve pas. Le courage n'est pas à sa place au service des objets trouvés.

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